Excuse #5 : Vouloir coller à la réalité

resistance realisme memoire veracité blocage

Je voulais vous parler aujourd’hui d’une nouvelle résistance que je rencontre dans ma pratique de l’écriture, directement liée au fait que j’écrive un roman à partir d’une expérience personnelle. Je dois préciser ici que, même si je m’inspire directement de faits réels, mon intention n’est en aucun cas de rédiger un mémoire, mais plutôt d’utiliser mon expérience comme une trame de départ. C’est en tous cas comme cela que je l’avais imaginé.
Pourtant, à l’occasion de la rédaction d’une petite histoire, elle purement fictive, je m’aperçois du piège dans lequel cette trame m’a fait tomber. Car dans la création pure, je me surprends à m’enthousiasmer de la liberté que me confère le fait d’inventer à partir de rien. Je me connecte à mes envies et mon histoire n’a plus vraiment de limite. Et en comparaison, je constate à quel point la rédaction de mon roman est figée dans un cadre strict avec des limites bien établies. La ou j’avais espéré des balises, j’avais en fait érigé des murs. Là où je m’étais réjouie de bâtir à partir de personnages réels, je me retrouvais prisonnière de caractères et de réactions spécifiques. Cette trame avait pris une importance que je n’avais pas décidée et elle se révélait d’une exigence castratrice. L’échafaudage que j’avais envisagé s’était transformé en chape de béton. Rigide, lourde, plombante. Avant cette prise de conscience, en sortir me paraissait aussi simple que si j’y avais coulé mes pieds dedans. Malgré moi, je traquais les incohérences chronologiques. Je me surprenais à retranscrire des pans entiers de dialogues inutiles pour l’intrigue, mais… qui m’avaient marqué personnellement. J’étais engluée dans la toile de mes souvenirs et les informations que j’y puisais devenaient autant de contraintes et d’obstacles au déploiement du scénario de mon roman. Le jour ou j’en ai pris conscience, fut un grand moment de libération. Pourtant, s’autoriser à lâcher ce réel n’est pas naturel. Je crois que mon premier brouillon aura servi à cela : évacuer le souvenir pour ne garder que la trame. La fameuse. Celle qui me servira de toile de fond sans m’emprisonner. Celle qui saura m’inspirer sans me limiter. L’inspiration de l’histoire de mon roman et non sa matérialisation. Pour cela, un seul mot d’ordre : préserver coute que coute sa liberté d’inventer.

Auteur : Aurélie Mojo

J’aime raconter les histoires, les lire, les écouter. Démêler les scenario de vie. Tenter une autre écriture. #écrivain #potentiel #auteurdemavie

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